Démarche GPEC : les étapes clés pour une mise en œuvre efficace

Mettre en place une démarche GPEC nécessite une approche structurée, depuis le diagnostic initial jusqu’au pilotage dans la durée. Cette page détaille les étapes clés pour réussir la mise en œuvre d’une GPEC.
Démarche GPEC : toutes les étapes d'une mise en œuvre efficace
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Mettre en place une démarche de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences suppose une approche structurée, pensée dans la durée. Il ne s’agit pas uniquement d’anticiper les évolutions des métiers, mais de traduire cette anticipation en actions concrètes, partagées et pilotables.

Cette page détaille les étapes clés de la démarche GPEC, depuis le diagnostic initial jusqu’au suivi des actions mises en œuvre, afin d’accompagner les équipes RH dans une mise en œuvre progressive et opérationnelle.

L’essentiel à retenir sur la démarche GPEC

  • La démarche GPEC vise à anticiper les évolutions des emplois et des compétences en lien avec la stratégie de l’entreprise.
  • Elle repose sur une approche structurée, depuis le diagnostic initial jusqu’au pilotage des actions dans la durée.
  • Les étapes clés incluent l’analyse des emplois, la cartographie des compétences, la projection des besoins futurs et la définition des actions d’accompagnement.
  • Une démarche GPEC efficace s’inscrit dans un projet collectif, associant RH, managers et partenaires sociaux.
  • La GEPP prolonge cette logique en renforçant la dimension parcours professionnels et mobilités.

Les étapes de la démarche GPEC (vue d’ensemble)

La démarche GPEC s’appuie sur une succession d’étapes structurées, permettant d’anticiper les évolutions des emplois et des compétences de manière progressive et cohérente. Chaque étape s’inscrit dans une logique d’ensemble, depuis l’analyse de la situation existante jusqu’au pilotage des actions dans la durée.

Classiquement, sa mise en œuvre s’articule autour de cinq grandes étapes :

  1. la réalisation d’un diagnostic initial des emplois, des compétences et des effectifs ;
  2. la cartographie des compétences clés et des métiers ;
  3. la construction d’une vision prospective des besoins futurs ;
  4. la définition des actions d’accompagnement (formation, mobilité, recrutement) ;
  5. le suivi et l’ajustement de la démarche dans le temps.

Ces étapes constituent un cadre de référence, adaptable selon le contexte, la taille et le niveau de maturité RH de l’organisation.

Étape 1 : Réaliser un diagnostic des emplois et des compétences

La première étape d’une démarche GPEC consiste à réaliser un diagnostic approfondi de la situation existante. Ce diagnostic ne se limite pas à un état des lieux interne : il intègre également l’analyse des facteurs de transformation susceptibles d’impacter l’organisation à court et moyen terme.

Ces facteurs sont déterminants, car ils agissent directement sur les activités de l’entreprise, puis sur les compétences nécessaires pour les réaliser, et, in fine, sur les métiers eux-mêmes.

Les principaux facteurs de transformation à analyser

Parmi les facteurs de transformation à prendre en compte dans le diagnostic GPEC, on retrouve notamment :

  • les évolutions économiques et concurrentielles du secteur ;
  • les transformations technologiques et digitales ;
  • les évolutions organisationnelles (nouveaux modes de travail, réorganisation, croissance, fusions) ;
  • les contraintes et évolutions réglementaires ;
  • les mutations sociales et sociétales (attentes des collaborateurs, rapport au travail) ;
  • les enjeux environnementaux et de transition durable.

L’analyse de ces facteurs permet d’identifier les activités susceptibles d’évoluer, de disparaître ou d’émerger, et constitue un socle essentiel pour la projection des effectifs et des compétences.

GPEC et identification des compétences émergentes
GPEC et identification des compétences émergentes

Compléter le diagnostic par un état des lieux interne

En parallèle, le diagnostic GPEC repose sur une analyse de la situation interne de l’entreprise : emplois existants, compétences mobilisées, effectifs, pyramide des âges et métiers sensibles ou en tension.

Cette double lecture — externe et interne — permet de disposer d’une vision réaliste des écarts entre la situation actuelle et les besoins futurs, base indispensable pour la suite de la démarche.

Les questions clés à se poser lors du diagnostic GPEC

  • Quels sont les savoir-faire et qualités professionnelles les plus répandues chez les collaborateurs ?
  • Quels métiers sont aujourd’hui en tension et lesquels risquent de l’être à moyen terme ?
  • Quelles fonctions sont amenées à évoluer ou à se transformer ?
  • De nouveaux métiers émergent-ils au sein de l’écosystème de l’entreprise ou de son secteur ?
  • Quelles qualifications stratégiques l’organisation doit-elle impérativement développer dans les années à venir ?

Étape 2 : Cartographier les compétences et les métiers

Objectif de l’étape

La cartographie constitue une étape centrale de la démarche GPEC. Elle vise à structurer et à rendre visibles les compétences mobilisées au sein de l’organisation, ainsi que les métiers auxquels elles sont rattachées. Cette représentation permet de passer d’un diagnostic qualitatif à une analyse structurée des ressources existantes.

Cartographier à partir des activités et des compétences

La cartographie ne se limite pas à une photographie des postes. Elle s’appuie sur l’analyse des activités réellement exercées, puis sur les compétences nécessaires pour les réaliser. Cette approche permet de dépasser une vision statique des métiers et d’identifier plus finement les proximités et les évolutions possibles.

En reliant activités, compétences et métiers, la cartographie met en évidence :

  • les compétences communes à plusieurs métiers ;
  • les compétences spécifiques ou rares ;
  • les zones de fragilité ou de dépendance ;
  • les compétences susceptibles d’évoluer ou de disparaître.

Identifier les passerelles et les proximités métiers

L’un des apports majeurs de la cartographie est la mise en lumière des passerelles entre métiers. En identifiant les proximités de compétences, l’organisation peut anticiper des trajectoires d’évolution, faciliter les mobilités internes et sécuriser certains métiers en transformation.

Cette lecture transversale est un levier essentiel pour préparer les actions d’accompagnement qui seront définies aux étapes suivantes.

Positionner la cartographie comme un outil d’aide à la décision

La cartographie des compétences et des métiers constitue une base d’aide à la décision pour les équipes RH et les managers. Elle permet de comparer la situation actuelle aux besoins futurs, d’objectiver les écarts et de prioriser les actions à engager.

À ce stade, la démarche GPEC quitte le registre de l’intuition pour s’inscrire dans une logique structurée et partagée.

Une fois les compétences et les métiers cartographiés, la démarche peut s’orienter vers l’anticipation des besoins futurs, en intégrant les évolutions identifiées lors du diagnostic.

Étape 3 : Construire une vision prospective des emplois et des compétences

Poser le cadre de l’anticipation

Après avoir analysé la situation existante et cartographié les compétences, l’enjeu consiste à se projeter vers l’avenir. Cette étape vise à anticiper les évolutions des emplois, des compétences et des effectifs, en cohérence avec la stratégie de l’organisation et son environnement.

La vision prospective permet de passer d’une lecture statique à une compréhension dynamique des transformations à venir.

Anticiper les évolutions des activités et des métiers

La construction d’une vision prospective repose sur l’analyse des transformations identifiées lors du diagnostic. Les évolutions économiques, technologiques, organisationnelles ou réglementaires impactent d’abord les activités, puis les compétences mobilisées, avant de modifier progressivement les métiers.

Cette logique d’enchaînement permet d’anticiper :

  • les métiers amenés à évoluer ou à se transformer ;
  • les métiers en émergence ou en déclin ;
  • les compétences à renforcer, à développer ou à reconvertir.

Ce que doit produire l’étape 3

  • Une liste priorisée des évolutions métiers à anticiper (transformation, émergence, déclin).
  • Une première lecture des écarts de compétences à horizon 2–3 ans.
  • Des scénarios d’évolution (au moins 2) pour cadrer les arbitrages.
  • Des hypothèses explicites pour préparer le choix des actions à l’étape suivante.

Intégrer les aspirations et les dynamiques internes

La projection ne repose pas uniquement sur des facteurs externes. Elle intègre également les dynamiques internes, notamment les aspirations de mobilité et d’évolution exprimées par les collaborateurs. Ces éléments constituent des leviers importants pour sécuriser les parcours et favoriser l’engagement.

Prendre en compte ces aspirations permet d’articuler les besoins de l’organisation avec les trajectoires professionnelles envisageables.

Formaliser des scénarios d’évolution

La vision prospective peut être traduite sous forme de scénarios d’évolution, permettant d’anticiper plusieurs trajectoires possibles. Ces scénarios servent de support à la réflexion collective et facilitent la priorisation des actions à engager lors de l’étape suivante. Ils offrent un cadre structurant pour arbitrer entre formation, mobilité interne et recrutements externes.

Enfin, cette logique d’anticipation des évolutions des emplois et des compétences s’inscrit dans une continuité plus large, portée par l’évolution du cadre vers la Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels. Pour mieux comprendre cette transition, découvrez les différences entre GPEC et GEPP.

Étape 4 : Définir et prioriser les actions d’accompagnement

Transformer la projection en plan d’actions

Une fois les évolutions des emplois et des compétences identifiées, l’enjeu consiste à définir les actions permettant de réduire les écarts entre la situation actuelle et les besoins futurs. Cette étape vise à traduire la vision prospective en décisions opérationnelles, cohérentes avec la stratégie de l’organisation.

Les actions d’accompagnement portent à la fois sur les compétences, les parcours et les effectifs, et doivent être priorisées en fonction des enjeux identifiés.

Identifier les principaux leviers d’action

Les leviers mobilisables à ce stade peuvent être regroupés en trois grandes catégories :

  • Le développement des compétences, via des actions de formation, de montée en compétences ou de reconversion ;
  • La mobilité interne, pour repositionner les collaborateurs vers des métiers en évolution ou en tension ;
  • Le recrutement externe, lorsque les compétences nécessaires ne sont pas disponibles en interne ou ne peuvent être développées à temps.

Le choix entre ces leviers dépend du niveau d’urgence, de la criticité des compétences concernées et des capacités internes de l’organisation.

Les principaux leviers d’action à mobiliser

  • Développer les compétences existantes par la formation et l’apprentissage.
  • Favoriser les mobilités internes pour accompagner les évolutions de métiers.
  • Sécuriser les compétences critiques par le recrutement ou des dispositifs de transition.

Prioriser les actions dans le temps

Toutes les actions identifiées ne peuvent être menées simultanément. Il est donc nécessaire de les prioriser selon plusieurs critères : impact stratégique, faisabilité, délais de mise en œuvre et acceptabilité sociale.

Cette priorisation permet de construire une feuille de route réaliste, en cohérence avec les ressources disponibles et les contraintes opérationnelles.

Impliquer les acteurs dans la mise en œuvre

La réussite de cette phase repose largement sur l’implication coordonnée des différents acteurs de l’organisation. Les équipes RH, les managers et les collaborateurs jouent un rôle central dans la déclinaison opérationnelle des actions définies.

Cette mise en œuvre implique également les représentants du personnel et, plus largement, les instances de dialogue social. Leur association contribue à sécuriser les orientations retenues, à renforcer la compréhension des enjeux et à favoriser l’adhésion collective aux trajectoires définies.

La clarté des objectifs, la lisibilité des actions et la qualité du dialogue entre les parties prenantes constituent des facteurs déterminants pour mobiliser durablement l’ensemble des acteurs.

Étape 5 : Piloter et ajuster dans la durée

Installer un suivi régulier

La dernière étape consiste à assurer le pilotage dans le temps. L’objectif est de mesurer l’avancement des actions, d’évaluer leur efficacité et d’ajuster la trajectoire en fonction des évolutions de l’entreprise, du marché et des métiers.

Ce suivi permet d’éviter que le plan d’actions ne devienne un document figé : il doit rester vivant, priorisé et révisable.

Définir des indicateurs simples et utiles

Le pilotage repose sur des indicateurs adaptés aux objectifs poursuivis. L’enjeu n’est pas de multiplier les KPI, mais de retenir quelques repères permettant d’objectiver la progression et d’identifier rapidement les points de blocage.

Selon les priorités, on peut suivre par exemple :

  • l’évolution des compétences jugées critiques ou à risque ;
  • la part de mobilité interne sur des métiers en transformation ;
  • la progression des actions de développement (formations, reconversions, certifications) ;
  • la capacité à couvrir les besoins futurs identifiés dans la projection.

Organiser une gouvernance claire

Pour maintenir la cohérence de l’ensemble, il est utile de définir une gouvernance : qui anime, qui valide, qui arbitre, qui contribue ? Cette gouvernance permet de sécuriser les responsabilités, de fiabiliser les mises à jour et de maintenir l’alignement avec la stratégie.

Elle facilite aussi la coordination entre RH, managers et partenaires sociaux, notamment lorsqu’il faut ajuster des priorités ou réviser des scénarios.

Ce que l’étape 5 permet de piloter

  • L’avancement et l’impact des actions enggées (formation, mobilité, recrutements).
  • Les écarts résiduels entre besoins futurs et ressources disponibles.
  • La mise à jour des hypothèses de projection selon l’évolution du contexte.
  • Les arbitrages et priorités, pour maintenir une feuille de route réaliste.

Ajuster la feuille de route

Le suivi doit déboucher sur des ajustements concrets : réviser les actions, redéfinir les priorités, adapter les hypothèses ou intégrer de nouveaux facteurs de transformation. Cette logique d’amélioration continue constitue un point central pour tenir dans la durée et sécuriser la mise en œuvre.

Conclusion

Mettre en place une GPEC efficace repose sur une approche structurée : diagnostic, cartographie, projection, plan d’actions, puis pilotage dans la durée. L’enjeu est de passer d’une anticipation théorique à des décisions RH concrètes, priorisées et ajustables.

Pour revenir aux fondamentaux, consultez notre page GPEC : définition et cadre.

Pour un panorama des dispositifs mobilisables, retrouvez notre article sur les outils de la GPEC.

Enfin, si votre objectif est de choisir une solution, notre checklist GPEC vous aide à structurer vos critères.

FAQ – Démarche et étapes de la GPEC

Quelles sont les étapes d’une démarche GPEC ?

Les étapes clés consistent à réaliser un diagnostic initial, cartographier les compétences et les métiers, construire une vision prospective, définir les actions d’accompagnement, puis piloter et ajuster la feuille de route dans la durée.

Comment réussir le diagnostic initial de la GPEC ?

Le diagnostic de la GPEC combine l’analyse des facteurs de transformation (économiques, technologiques, organisationnels, réglementaires, etc.) et un état des lieux interne des emplois, compétences et effectifs, afin d’objectiver les écarts à traiter.

Pourquoi la cartographie des compétences est-elle centrale dans la GPEC ?

Au sein de la GPEC, la cartographie rend visibles les compétences mobilisées et leur lien avec les métiers. Elle aide à identifier les proximités, les passerelles et les zones de fragilité, base utile pour prioriser les actions de développement et de mobilité.

Quels leviers mobiliser après la projection ?

Les principaux leviers sont le développement des compétences, la mobilité interne et le recrutement externe. Le choix dépend de la criticité des compétences, des délais et des capacités internes à accompagner la transformation.

Comment piloter une GPEC dans le temps ?

Le pilotage de la GPEC repose sur quelques indicateurs utiles, une gouvernance claire et un suivi régulier permettant d’ajuster les priorités et les actions au fil des évolutions de l’entreprise et de son environnement.